OCTO+ :

Je sors mon stylo noir et oui le deuil est de rigueur

Mon rap est allongŽ par terre et manque de couleurs

Si on lĠavait prŽvenu il aurait certainement eu peur

De ces membres cancŽreux aussi acteurs que dŽtracteurs

 

Mais le succs lĠa grisŽ, il a baissŽ sa garde

Laissant une brche ouverte, sa chute dŽbute elle est macabre

Les mŽtastases sĠy engouffrent aussi lentement quĠun train en gare

Et sournoisement se multiplient jusquĠˆ devenir incontr™lables

 

Des dŽbuts prometteurs, il traverse lĠAtlantique

Des horloges autours du cou putain cĠest quoi ces types

On a compris ton message, on tĠa adoptŽ comme musique

La connexion Paris-Marseille ici en sera le dŽclic

 

Des radios lui sont dŽdiŽes, des Žmissions tŽlŽvisŽes

CĠŽtait trop prŽmaturŽ pour lui qui venait dĠarriver

Car au lieu de patienter il prit la bande dĠarrt dĠurgence

Pour mieux bruler les Žtapes et Žcraser la concurrence

 

Un nouveau DRH, des erreurs de recrutement

Et sans sĠen rendre compte, il rŽdigeait son testament

Il nĠavait plus de cap seulement guidŽ par lĠargent

La plus mauvaise des boussoles mme pour le meilleur commandant

 

CĠest le dŽbut de la dŽcadence, les ventes chutent le style est mort

Et ceux qui tĠont torchŽ le cul regrettent un peu ton sort

Ils avaient tous misŽ sur toi, pour quĠun jour tu dŽcolles

Ils assistent ˆ lĠexplosion dĠun espoir en plein envol

 

Le naufrage est officiel et derrire toi les pneus crissent

Ton Žquipage se barre et dŽserte la b‰tisse

TĠas c™toyŽ la gloire en tĠen a subi les vices

AujourdĠhui devant ta stle, Dabeast Rap in peace

 

 

MANIMALE :

Je regarde autour de moi, mais personne dĠautre ne sĠattarde

Je sais que t™t ou tard ce corps sortira du placard

Les coupables, eux, sont dehors et ne pensent pas ˆ ton cadavre

Ivre mort et pauvre en rimes, font illusion, mais nĠont pas dĠart

 

Et donc jĠy repense, ˆ cette annŽe, o tu tĠes vu invulnŽrable

Et quand jĠy repense ˆ ces damnŽs, fallait plus taper sur la table

‚a nĠa pas de sens, vu que tĠes cannŽ, mais tĠes passŽ de respectable

A une grosse pute, qui sĠest donnŽe ˆ une industrie dĠincapable

 

Alors je gronde, sur ta tombe, car on est seuls ˆ faire le deuil

Les autres ont juste pris leur part, en prenant part ˆ ton cercueil

Alors jĠai honte, et je tremble, je prie pour quĠau moins ton linceul

Ne soit pas trouvŽ dans notre antre, et troquŽ contre quelques feuilles

 

Oseras-tu me dire encore que jĠexagre sur ces gars

QuĠils ne sont pas si mauvais et quĠils tĠaimaient autrefois

Oseras-tu me dire encore que cette pale copie de toi

Procurait du plaisir pendant que tu crevais dans le froid

 

JĠai assistŽ ˆ sa chute, lassŽ, lacŽrŽ

JĠai tentŽ de convaincre la mort, mais mort lĠa serrŽ

Lˆ cĠest remontŽ que jĠen parle, le temps passe mais pas assez

Pas assez dĠeau sous les ponts, des bons rappeurs pas assez

 

A lĠŽpoque je nĠŽtais pas fort, de lĠentrainement pas assez

Je sais reconna”tre mes torts, mais les autres pas assez

JĠai du mal ˆ croire que tu gis ici ˆ six pieds sous terre

Assis en face de ta tombe un doute me laisse un gout amer

 

Je ne sais pas vraiment pourquoi je me penche et creuse la terre

A mains nues jĠŽcarte le sable, soulevant un nuage de poussires

A coups de poing, jĠŽclate la boite faite de fer et de bois

A ma surprise ce nĠest pas toi, la pale copie du rap est lˆ

 

 

MAC :

De ce constat vient ˆ moi une pensŽ que j'avais perdu

Heureux de comprendre que toi tu n'es pas celui que j'ai cru

Si, ˆ la lumire des flashs, il inspirait le dŽdain

Dans l'ombre j'ai senti que ta vraie nature se rŽ exprime enfin

 

Ce faux frre sans morale te mentait depuis des lustres

Ë cause de lui t'es la risŽe du domaine artistique, donc lutte!

Reprends possession de ce qui doit l'tre, ne mŽnage pas

Tes efforts et ne cesse de bosser, car mourir tu ne dois pas

 

Tous tes membres t'appellent, tu commences seulement ˆ les entendre

Pourtant a fait des annŽes qu'ils te mettent en garde de ne pas te vendre

On est tant ˆ te suriner que sur une mauvaise pente tu glisse

Mais la lumire des projecteurs a eu raison de tes yeux, ils plissent

 

Il faut te fier ˆ ton ou•e, ce sens ne t'a jamais trahi

Il faut recueillir les avis des vrais fondateurs de ta vie

Tu dois te rappeler la stature qui Žtait la tienne autrefois

Tu dois rŽparer tes fractures pour qu'en toi nous reprenions Foix

 

Et c'est ceux que tu as dŽlaissŽ qui se battent pour te redresser

Aucune rancune n'est restŽe, quitte ˆ tre lˆ jusqu'au dŽcs

Guerroient contre cet ersatz, qui ne brille que par ses strass

Ce clone a pris ta place mais ta vengeance doit laisser traces

 

Alors oui il reste un espoir de te voir rena”tre de tes cendres

Tel le phoenix, une autre bte, et c'est dans l'antre qu'il faut descendre

Pour approcher un vecteur, qui s'ajoute ˆ cette tendance

De dŽnoncer l'imposteur : aprs ce coup, sur ses dents danse